Il y a 2 siècles, la crise des gilets jaunes. 

 

Au début du 21 siècle, la France connut une courte période d’agitation sociale et politique, causée par les réformes d’un jeune président prometteur...Peu de temps avant deux présidents vieillissants avaient fermé le 20 -ème siècle. Ils étaient habiles et rusés, avaient collectionné autant de trahisons que de maîtresses, s’étaient détesté l’un l’autre pendant vingt ans, mais s’étaient retrouvés dans leurs façons de gouverner. Les français les avaient aimés, soit l’un soit l’autre, soit les deux. Ces deux-là avaient su recréer, avec un sens du cynisme et du décorum peu commun, la monarchie républicaine auxquels les français aspiraient. Les présidents qui suivirent pensèrent qu’il leur fallait briser ce moule, mais ils s’y cassèrent les dents.
Le premier à succéder à cette fine paire, fut un fils d’émigré d’Europe centrale, sûr de lui, qui initia un régime d’hyper-président, omniprésent, gesticulant entre des affaires plus ou moins louches d’où il ressortira toujours blanchi par la justice, mais sérieusement noirci pour l’opinion française. Comme ses deux prédécesseurs, il ne manquait pas de cynisme, mais ne savait guère le manier. On raconte qu’il se débarrassera, par une guerre, d’un dictateur arabe qui avait eu le malheur de lui prêter en cachette une grosse somme d’argent pour se faire élire. Le suivant fut à l’opposé. Un homme affable, courtois, volontiers taquin, qui se trouva élu un peu par hasard, quand le candidat préféré des français se fut empêtré dans une affaire sexuelle, d’où on sut qu’il passait le clair de ses soirées à oublier les affaires du monde, qu’il traitait du reste magistralement au sein du FMI (une sorte de police financière mondiale) avec des dames de petite vertu. L’affaire s’étant déclenchée dans la pudibonde Amérique d’alors, il n’avait pu étouffer le scandale, et tomba de son piédestal, un jour qu’il agressait sa femme de chambre. Le président fraîchement élu à sa place déclara qu’il serait normal, et qu’avec lui les habits de la monarchie resteraient au placard. Avec un art de la bourde consommé, il réussit à mettre les pieds dans presque tous les plats qu’il trouvait et explora toutes les possibilités de tolérance française, notamment quant aux affaires sexuelles. Il ne retrouvait le sens de l’état qu’à l’extérieur du pays, et se fit aduler en Afrique, où il fit intervenir son armée deux fois de suite pour sauver des populations menacés par des extrémistes sanguinaires. Sa fin de régime fut pathétique, lâché par les siens comme un pestiféré, il trouva refuge dans les bras d’une actrice, comme le faisaient souvent les présidents du début du siècle précédent. L’affaire des gilets jaunes commença avec le 3 -ème président du 21 -ème siècle. Un alignement de planète à peine croyable permit à ce jeune homme de devenir président au nez et à la barbe de tous ceux que la France connaissait comme prétendants. On y trouvait pêle-mêle un fils de notaire cupide, un ancien sénateur qu’on eut sans peine imaginé avec une grande toge vociférant contre les orgies dans la Rome antique, un socialiste généreux mais défendant les ouvriers aux bras d’une dirigeante d’entreprise, un fringant avocat amateur de pulls à rayures, un vieil héritier du gaullisme dépassé par une époque qu’il n’avait pas vu évoluer. Tout ce monde proposait au peuple des potions aussi indigestes les unes que les autres, en espérant de jamais avoir à en souffrir lui-même. Dans l’échelle du pire, ce fut le fils de notaire qui rafla la mise, après qu’on s’aperçut qu’il employait sa femme à des tâches ménagères tout en lui faisant verser un salaire de parlementaire. L’homme cria à l’injustice en disant que tous les politiciens faisaient la même chose, ce qui n’était pas tout à fait faux en ces temps-là. Sur sa route vers le pouvoir, le jeune homme, qu’on aurait imaginé sortir d’un livre de Stendhal (un auteur ennuyeux du 19 -ème siècle) ne trouva plus bientôt sur sa route que l’héritière d’un parti d’extrême droite, descendant du nationalisme qui balaya l’Europe au 20 -ème siècle, causant la mort, selon les statistiques dont on dispose aujourd’hui, de 70 millions de personnes. L’héritière essaya, grâce à un jeune conseiller machiavélique, de tordre son parti vers la gauche, en y intégrant une dose de mesures sociales. L’affaire fût gagnante électoralement ; les ouvriers du nord de la France, abandonnés par le déclin industriel, et par une politique européenne trop favorable aux ouvriers des pays de l’est, nouveaux venus en Europe, rejoignaient en masse le parti, qui recruta à la va vite tous ceux que ces territoires comptaient de mécontents à grand potentiel vocal.
Le jeune homme fut élu président après avoir désarçonné sa rivale en débat ; c’était une pratique qui consistait alors, pendant 2 heures de discussion de face à face, à darder son l’ennemi sans ciller, espérant donner l’estocade avant l’élection. Pendant cet exercice, l’héritière s’énerva, et s’épancha en invectives devant son adversaire impassible et railleur, qui emporta la mise le dimanche suivant. Suite à cet épisode malheureux, après un passage à vide où elle se fit chahuter par les cadres de son parti, l’héritière avait retrouvé la force auprès de son père mourant, qui, après une vie baignée dans la haine et les complots, avait décidé de redonner de l’amour à ses enfants dispersés. Devant ce père usé, autant craint qu’aimé, elle jura qu’elle aurait sa revanche, quelles qu’en fussent la couleur et la saveur.
Pour le jeune président, tout alla bien dans les premiers mois. Son énergie balaya la France d’un vent de fraicheur. Entouré de ministres à l’allure fringante, porté par des nouveaux députés choisis au hasard et élus facilement, apprécié par des français curieux et heureux de voir que leur président brillait de mille feux sur tous les plateaux internationaux et qu’il tenait tête au président américain, un milliardaire sans scrupule au visage de latex qui amena son pays au bord de la guerre civile. 
Le jeune président dissertait sur tout, décidait tout, souriait à tout le monde autant que lui souriait la chance du débutant. Les syndicats traditionnels, l’opposition ne trouvaient aucune prise, et plusieurs mouvements de rue contre ses premières mesures échouèrent lamentablement, faisant dire à certains que le temps de la contestation par les manifestations était définitivement révolu... Ils avaient tort. Le souffre commença à se répandre quand un intrigant issu des banlieues, armé d’un culot sans borne, s’infiltra dans sa garde rapprochée du jeune président pour extorquer le droit de taper légalement sur des jeunes dont le seul tort était de ne pas partager l’enthousiasme de cette présidence pourtant faite pour eux. L’affaire amusa les français de l’époque, et les chroniqueurs rapportent que si ce n’étaient les politiciens de l’opposition cherchant à un os à ronger après un an de présidence sans heurts, on n'aurait jamais entendu parler de ce pauvre diable. Mais voilà, le vers de l’inconfiance était entré dans le fruit, et allait se propager au sortir de l’été 2018. Cela commença par le départ d’un vieux ministre raillé pour ses méthodes et son verbiage, que sa jeune épouse ne supportait de voir humilié en public et qu’elle poussa à rentrer à la maison. Puis ce fut le tour du ministre de l’environnement, très populaire, qui donna sa démission lors d’une interview assassine, à une heure de grande écoute, avec un réquisitoire sévère sur les méthodes des lobbyistes à l’Elysée, la résidence des chefs d’état d’alors. Les français furent étonnés quand il y déclara que personne ne descendrait dans la rue pour défendre l’environnement, mais l’avenir lui donna raison. L’affaire dite des Gilets Jaunes commença donc à l’automne 2018, 50 ans après une autre révolution sociale, qui occupa le mois de mai 1968. Le gilet jaune était une sorte de débardeur fluorescent qui devait servir à repérer les passagers d’une voiture en panne sur le bord d’une route. Présents par obligation dans les voitures, et quasiment inutile pour la grande majorité des gens, il allait devenir, en quelques semaines, le symbole de l’accident de parcours du jeune président.
L’affaire commença, selon ce que l’on en sait aujourd'hui, par une pétition d’une automobiliste mécontente de payer son carburant (le Diesel, un carburant à base de pétrole, courant à cette époque) plus cher suite à un mécanisme de taxe destinée à financer des mesures pour l’environnement. Elle posta son désespoir sur les réseaux sociaux et attendit vaillamment que le compte de ses supporteurs augmentât. Hélas, rien n’y fit et pendant des semaines, le compteur ne bougea quasiment pas. Mais à la fin de l’automne, un agitateur de la ‘patriosphère’, groupe hétéroclite au croisement de plusieurs mouvements d’extrême droite de l’époque, décida de le diffuser dans ses réseaux. La pétition retrouva immédiatement de l’ardeur et en quelques jours passa à plusieurs centaines de milliers de voix, largement supportée par l’héritière, heureuse de trouver un combat à mener contre le jeune et arrogant président. Elle tenait là sa revanche, mais, cette fois, sut garder la tête froide, en engrangeant tranquillement les fruits de la colère populaire. Un camionneur, lui aussi proche de l’extrême droite, invita les gens à se rallier dans la rue en portant leur gilet jaune coincé sans activité dans la boite à gants de leur voiture. Pour ceux qui ne pourraient pas défiler, il suffisait de glisser le sésame sous le pare-brise pour donner son approbation au mouvement, ou simplement passer plus facilement au milieu des manifestations. Tout ce que la France comptait de mécontents, d’oubliés, persuadés que le jeune président en avait beaucoup fait pour les riches et bien portants et rien pour eux se retrouvèrent dans la rue, heureux de se trouver de nouveaux amis sur le pavé, ou autour d’un feu improvisé dans le froid naissant de l’hiver. La France des déclassés, des gens trop loin des villes, des gens trop peu payés, des déconsidérés d’une mondialisation aveuglante, se dirent qu’ils ne mourraient pas sans s’être défendus. Ils occupèrent les péages des autoroutes, les pages des journaux, les ronds-points, cassèrent çà et là des magasins, insultèrent la force publique, avec une audace d’innocents les mains pleines. Les moins courageux regardaient cette fronde derrière leur écran, écrivaient ou relayaient des messages de colère sur les réseaux sociaux, persuadés de participer, eux aussi, à une révolution.
Au milieu de cette foule des ronds-points, on trouvait beaucoup de cheveux blancs, que le président avait ciblés au début de son mandat en augmentant l’impôt sur leurs retraites. Ces vieux étaient pourtant devenus la colonne vertébrale de la France du 21ème siècle, ils faisaient fonctionner les associations, aidaient les jeunes couples à garder les enfants, créaient des emplois dans les services en zone rurale, distribuaient leurs économies pour adoucir le sort de leurs enfants perdus dans le tourbillon de la concurrence globalisée. En augmentant leurs impôts au motif d’effectuer lui-même cette redistribution, le jeune président avait heurté leur raison d’exister depuis que la chaleur de leurs relations de travail s’était éteinte. Il payait là sa méconnaissance des sphères sociales, habitué toute sa vie à survoler les étapes sans se soucier des étages inférieurs, passant directement de l’état de banquier à l’Elysée, de conseiller de prince à maître des horloges. Le passage par la case d’élu local lui aurait probablement évité une telle erreur. L’élu local, justement, avait souffert de voir le jeune président se faire élire au niveau national si facilement, alors qu’il devait chercher chaque voix de son village les matins d’hiver sur les marchés, et passait toutes ses soirées à convaincre qu’il n’allait pas laisser supprimer la dernière classe de maternelle du village, qu’il allait sauver la boulangerie, garder le médecin. L’élu local, en ce temps-là, c’était le maillon indispensable entre le pouvoir et le citoyen. Avec des budgets publics toujours en diminution, il faisait des miracles, réparait une route, trouvait un toit pour un jeune couple, égayait les maisons de retraite et apaisait les quartiers en ébullition. L’élu local, c’était l’huile qui faisait encore tourner les rouages de plus en plus grippés d’une ruralité qui s’en allait. Le jeune président ne le savait pas, ne le voyait pas. Alors, coup sur coup, il retira un impôt destiné aux finances locales, et supprima les subventions accordées aux employés peu qualifiés, souvent employés dans les mairies. Ces deux mesures, entre autres, jetèrent l’élu local était à terre, qui resta couché tout au long de la crise des Gilets Jaunes, incapable d’en amortir les effets…La France d’alors vivait une profonde mutation. Comme le reste du monde, elle s’urbanisait, et les campagnes se vidaient. Comme dans le reste du monde, les fermes étaient abandonnées, et les vieux devenaient de plus en plus seuls. Mais le Diesel, ce carburant peu cher, économe, avait permis de retarder les choses. Avec quelques litres, on pouvait aisément faire les kilomètres qui s’allongeaient entre la maison et le travail, les commerces, la maternité ou l’hôpital... Le Diesel était le lien entre le monde rural et les services. Alors plutôt que s’entasser en ville, certains faisaient le choix de rester au village, voire même de quitter les villes stressantes pour avoir sa place au vert, on les appela les néo-ruraux. Alors qu’au siècle précédent, on rêvait d’un appartement en ville pour travailler et d’une maison à la campagne pour se reposer, le Diesel avait permis d’avoir les deux à la fois. 
Le jeune président venait donc de s’attaquer, sans le savoir, à la trinité qui aidait la France oubliée à tenir ; les retraités, les élus locaux et le Diesel. Le mouvement de révolte des Gilets Jaunes frappa ses certitudes de plein fouet. Au début, ses conseillers, faits dans le même moule d’une jeunesse surqualifiée, éduquée dans des grandes écoles dédiées à la fabrique uniforme de cadres de l’administration, le rassurèrent en évoquant des troubles habituels d’automne, comme le rhume inévitable au début des premiers frimas. Mais le thermomètre de la contestation ne descendit pas, et les semaines se poursuivaient, sans que les places et les ronds-points ne se vident.
Pire encore, le mouvement se fractura, échappa à tout contrôle. Les éléments les plus durs se radicalisèrent, des gros bras apparurent dans les cortèges pour se défouler sur des vitrines ou des journalistes. Les morts ne se comptèrent plus uniquement sur les doigts d'une main. On cassa, on pilla, on fractura les symboles de la république, dans le cœur même de son expression la plus noble, l’Arc de Triomphe. De la contestation, le mouvement vira à la déstabilisation. Des menaces de mort fleurissaient sur les maisons des députés du parti au pouvoir, les slogans les plus extrêmes, hérités d’un autre temps, réapparurent. Les policiers, fatigués par des années de veille à traquer des terroristes invisibles (la France venait de connaître une période d’attentats), avaient désormais devant eux une masse de gens qui ne demandaient qu’à se rendre visibles. Ils chargèrent sans conviction la foule colorée, déplaçant le mouvement sans le contenir. Le jeune président comprit que le malade avait besoin d’une thérapie de choc. Il consulta beaucoup et comme à son habitude assuma tout et décida vite, seul. L’expérience manquait au jeune président. Il avait tout lu, Platon, Socrate, Machiavel certainement, mais n’avait pas croisé le fer avec le temps politique, n’avait pas su se dédoubler, comme savaient si bien le faire les vieux présidents du 20ème siècle, le seigneur du côté face, le saigneur du côté pile. Plus avisé, ou plus cynique, il aurait limogé rapidement son premier ministre, personnage fidèle, efficace mais sinistre, il aurait ouvert les bras au peuple en disant ‘je vous ai compris’ tout en préparant tranquillement le retour à la raison. Mais n’est pas général qui veut, et le jeune président débutait dans le maniement des armes politiques. Pendant que les gilets jaunes se chauffaient les mains dans les vastes braseros qu’ils allumaient sur les ronds-points, les partis politiques balayés, l’année précédente, par le jeune président cherchaient à tirer les marrons de leurs feux. L’héritière et l’ancien sénateur soufflaient tour à tour sur les braises, sûrs de pouvoir en profiter au bon moment. L’héritière avait une longueur d’avance. Ses éléments étaient depuis le début aux avant-postes, et ils avaient fait mieux que résister à l’usure inévitable du mouvement. Certes, il y avait eu des bavures, des signes fascistes, des actes racistes, de la casse, mais rien que de très habituel, elle avait l’habitude de composer avec ces éléments extrêmes qui formaient la colonne sécuritaire de son parti. En silence, l’héritière compta les points, elle était satisfaite, elle avait sa place parmi les partis les plus droitiers d’Europe. Ils la félicitaient, l’invitaient. Le duo improbable populo-nationaliste qui menait l’Italie à la faillite de l’autre côté des Alpes l’admirait. L’américain qui la conseillait, jubilait. L’ancien sénateur avait bien essayé lui aussi de se chauffer aux braises de la révolte populaire. Son résultat aux élections présidentielles précédentes l’avait laissé amer. Vieux routier qu’il était, il attendait bien un mouvement social, mais sur sa gauche. Le mouvement des gilets jaunes se refusait à lui, ses dirigeants improvisés le moquaient. Il aurait aimé faire effacer ses années faciles aux frais de la république par une révolte d’ampleur. Il était trop jeune en 68, trop vieux en 2018, la vie était injuste. Il le savait, elle ne lui re-servirait plus les plats.
Une ex-candidate à la présidence se dit alors que ce mouvement valait la peine de quelques prises de position, mais devant la violence qui l’accompagnait, elle rechigna à mettre toutes ses forces dans la bataille. Un élu régional du fond de la droite, surdoué égaré en politique, où la dureté et la volatilité de ses idées avait fait voler ses amitiés, s’essaya aussi à de la récupération. En vain, il n’y récolta que railleries. La crise finit par s’arrêter au début de l’année 2019. Le jeune président redressa doucement la barre du paquebot France, repris langue avec les élus locaux qui, peu à peu, acceptèrent de soutenir un grand débat national. Les retraités rentrèrent chez eux après la fin définitive de la taxation de leur retraite. Le président réussit même à encourager des éléments modérés du mouvement à créer une force politique réformatrice qui eut la sympathie de nombreux français, excédés par les débordements.

Epilogue
Le jeune président fut marqué toute sa vie par cet épisode. Après son deuxième mandat, juste après la mort de son épouse, il se retira dans les Iles Marquises. Comme Gauguin et Brel avant lui, il retrouva la faiblesse des corps et la force de l’esprit pour écrire des livres de philosophie politique. On lui doit notamment l’excellent ouvrage ‘De la frustration démocratique des masses’. L’héritière ne connut jamais l'ivresse du pouvoir. La fin du mouvement des gilets jaunes se déroba sous ses pieds. Sa route fut définitivement bloquée vers 2025, peu après la guerre qui éclata entre la Hongrie et la Roumanie, sur la question des anciens territoires de l’Autriche-Hongrie, qui fit prendre comprendre aux populations européennes le risque de jouer avec le feu nationaliste. A la fin de son mandat, le président américain au visage de latex échappa de peu à la prison, en négociant, en échange, un placement en hôpital psychiatrique. On put le voir dans les journaux, jusqu'à un âge avancé, au bras de jolies femmes russes. Quelques années plus tard, l’Amérique choisira une latino-américaine comme première présidente. L’ancien sénateur bougonna longtemps cette occasion manquée de conquérir le pouvoir. Peu de temps avant de mourir, il se résolut à écrire un livre de souvenirs avec l’héritière, où, pour la première fois, ils s’affichèrent ensemble. Les traces de ce mouvement existent encore aujourd'hui. Ainsi la loi qui oblige les chaines de supermarchés à subventionner les services publics dans les petites communes, l’interdiction de circuler seul dans une voiture entre 8h00 et 18h00, le stage obligatoire des hauts cadres de l’administration chez un artisan ou dans une ferme, le remplacement de l’Elysée par le Centre Pompidou, le tournoi intercontinental de foot qui rassemble une équipe de chaque continent tous les 5 ans, datent plus ou moins de cette époque… 
Le mouvement des Gilets Jaunes avait sa place dans l’histoire, mais qui s’en souvient aujourd'hui ? Pratiquement personne, parce que ce mouvement fut supplanté par celui des Cirés Jaunes, qui enflamma la Bretagne un siècle plus tard, et qui entraîna progressivement l’autonomisation des régions européennes dans une Europe devenue fédérale.

 


Janvier 2019

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